Après le succés du spectacle Faire tomber les murs, Henri Bornstein s'est lancé dans un nouveau projet d'écriture de texte avec les habitants du Mirail. Accueilli à l'Université du Mirail par le CIAM, un nouveau groupe se constitue à l'automne 2011 et produit des textes sur divers thèmes : le rapport à la mère, les faits divers, les migrations, le réchauffement climatique.
Un nouveau texte est né de ce travail:

Ailleurs

 

Création au Centre Culturel henri Desbals les 28 et 29 juin 2013
Reprise à La Fabrique les 6 et 7 décembre 2013

 

Perchés sur un toit pour fuir la montée des eaux, un groupe d'habitants attend qu'un bateau les emmène vers l'Afrique, terre d'accueil du continent européen. Tandis que le Ministre de l'Ecologie réunit dans son bunker sous-marin une conférence internationale sur le climat, les réfugiés racontent quelques épisodes de leurs vies, en espérant que les gardes côtes les laisseront débarquer...

Mise en scène : Henri Bornstein
Chorégraphie : Hélène Zanon
Assistant : Yves Gilbert
Création lumières : Christian Toullec     Création son : Jacky Mérit    Costumes : Sophie Lafont   Vidéo : Yves Gilbert
Avec Jolan Bouachera, Sandrine Cettour-Salles, Marie Véronique Coronel, Vanessa Faure, Kadour Guennad, Mathieu Lemat, Dany Michel, Norbert Messal, Nicole Pascaud, Karine Sancerry, Madeleine Sokhna

Extrait du texte

SUR LE TOIT
(Le vent souffle. On entend le choc violent des vagues.)

ADELE
J'étais à côté des autres. J'attendais. J'attendais et j'observais.
Pas tout à fait là, pas ailleurs non plus. Même si je n'étais pas véritablement en mesure de penser, je sentais que mon corps portait quelque chose de lourd.

ABDEL

Ta tête !

ADELE

Ma tête, oui, surement, ma tête, puisqu'elle était sur mes épaules comme la tête de cet autre...
... à côté de moi, qui portait une autre tête.

LEON

Une tête comme la tienne.

CORALIE

Une tête comme la mienne.

ABDEL

Tu as raison.
Mon corps est là, aussi, quelque part. Oui, quelque part, il est là.
Et ma tête aussi est là.

ADELE

J'étais sur ce toit avec d'autres femmes et des hommes.
Peu me connaissaient et je n'étais l'amie de personne.
J'observais et j'essayais de comprendre comment nous en étions arrivés là.
Loin, très loin on voyait les lumières les plus hautes de la ville.
Les autres avaient disparu dans la profondeur des eaux.

Et je pensais.
Ce poids sur mes épaules ! C'était peut-être la force qui m'avait manquée ?